Marius Jacob

1879-1954

Marius
   JacobMarius Jacob est né à Marseille le 29 septembre 1879. Sa famille, d'origine alsacienne, s'installe dans le midi de la France. Son père, navigateur, épouse Marie Berthon, fille de Provence. À onze ans, Alexandre Marius Jacob obtient son certificat d'études dans une école chrétienne.

Son adolescence

Alexandre Jacob vit d'aventures par imagination, lit et relit Jules Verne. Le 22 février 1890, il embarque comme mousse sur le Thibet. Il découvre l'Afrique Occidentale avec les escales d'Oran, de Libreville, Cotonou... A douze ans, sur la Ville de la Ciotat, il découvre Djibouti, les Seychelles, Melbourne, subit son premier naufrage, déserte à Sydney, revient en France. Victime de fortes fièvres, il doit rester à terre. Il a 16 ans. Sa période de marin vient de prendre fin.

Anarchiste et voleur

Pendant sa maladie, Alexandre dévore de nombreux livres. Un passage de Quatre-vingt-treize, de Victor Hugo, impressionne ses pensées.

« D'abord, supprimez le parasitisme, le parasitisme du prêtre, le parasitisme du juge, le parasitisme du soldat... »

portrait de Marius
   JacobPar quelques amitiés avec des jeunes gens, il devient peu à peu anarchiste, utilise l'explosif, se fait arrêter et condamner à 6 mois de prison. Entre la société normale et l'anarchisme, il choisit son camp. Il commence alors une vie de voleur, opère dans toute la France, organise la bande « Les Travailleurs de la nuit ». Il est arrêté le 22 avril 1903 à Abbeville.

Procès et bagne

Le procès d'Amiens, qui commence le 8 mars 1903, révèle au public la personnalité d'Alexandre, Marius Jacob. Il raille les juges, les témoins, prend les responsabilités des actes de son groupe.

Le 22 mars 1903, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité, et le 29 juillet 1905, à vingt ans de travaux forcés par le tribunal d'Orléans.

Tombe de Marius Jacob à ReuillyAu mois de janvier 1906, il débarque en Guyane. Pendant 17 ans, à l'Ile du diable, il subit le cachot, essaie de s'échapper, maintient en permanence un conflit avec l'administration pénitentiaire.

A la suite d'une forte campagne de presse, en France, contre les bagnes, il est libéré le 30 décembre 1928.

Reuilly

Libéré, il s'inscrit au registre de commerce de la Seine comme marchand forain. Il parcourt les marchés, la foire du Centre et achète en 1939 une maison à Reuilly " Le pays où il ne se passe jamais rien" dit-il .

Il se marie en 1939, mais son épouse meurt en 1950. Le 28 août 1954, Marius et son chien Negro qui « ne mentait jamais » quittent volontairement cette terre.

« Tout jeune, le virus de la justice m'a été inoculé et cela m'a valu bien des désagréments. »